jeudi 23 janvier 2014

« Les femmes, objets et non sujets d’information »

Le Cesti (Centre d’études des sciences et techniques de l’information) a, dans le cadre de son programme de pédagogie active, organisé, ce Mercredi, en collaboration avec l’Association Article 19, une conférence sur la place des femmes dans les médias. Cet atelier de partage des résultats du monitoring effectué par cette organisation, a révélé que les femmes occupent une place marginale dans l’espace médiatique sénégalais.

Les femmes sont considérées comme des objets d’information et non comme des sujets d’information. Elles ne sont pas des actrices dans l’information. Cette affirmation est de Tidiane Kassé, conférencier du jour et  auteur de l’étude. Elle répond ainsi à la question de Ibrahim Sarr, Directeur du Cesti qui, dans son discours de bienvenue, s’est interrogé sur l « ’évolution de la représentation des femmes dans les médias sénégalais ». Selon ce dernier, ce travail intervient dans une société qui subit des transformations variées. Avec l’avènement de l’alternance de 2000, il y a eu l’émergence d’une presse populaire, précise t-il.

L’un des objectifs majeurs de cette étude, c’est de voir comment les médias appréhendent les questions liées aux femmes après l’adoption de la loi sur la parité en 2012, a dit le conférencier. Sur le plan quantitatif, a en croire Tidiane Kassé, l’étude a révélé, entres autres résultats, une présence marginale des femmes. Car selon lui, il y a un faible effort de la part des médias qui ne consacrent  que peu de sujets sur les femmes. En effet, sur 406 articles publiés durant une année par un quotidien de la place, seuls 50 sont consacrés aux femmes, a fait savoir, l’auteur de l’étude.

 Sur le plan qualitatif, selon toujours le conférencier, les rares émissions ou articles consacrés aux femmes ne portent souvent que sur des sujets de second ordre. « Les médias ne s’intéressent plus qu’au côté événementiel des activités des femmes ou à des faits divers se rapportant à elles », a regretté Tidiane Kassé. Ils traitent, s’agissant des femmes, plus des questions globalisantes au lieu de celles qui concernent spécifiquement les femmes, a-t-il ajouté. Assane Dioma Ndiaye d’appuyer les propos du conférencier en parlant de traitement « mineur » et « dévalorisant » des femmes par les médias. Il dénonce une violence «  pernicieuse » et « psychologique » dont sont victimes ces dernières dans les médias.

 Pour Alioune Tine, lorsqu'il s’agit de montrer le physique, les médias font appellent aux femmes. « Elles sont toutes belles, mais il n’existe pas ils sont tous beaux », a ironisé le Président du conseil  sénégalais des droits de l’homme qui faisait référence à une émission de télé-réalité qui se passe sur une chaîne de la place.


Pour juguler cette situation, le conférencier a fait entre autres recommandations, la capacitation des journalistes sur la problématique de la place des femmes dans les médias, la rupture avec les stéréotypes et clichés, la formation des organisations formatrices de femmes dans le domaine de la communication. C’est en ce sens que Fatou Sarr Sow a mis en garde les journalistes : « celui qui posera une question aux femmes que nous avons encadrées sur leur vie privée, ne posera pas une seconde.  Une manière pour la directrice du laboratoire Genre de l’IFAN, de dire qu’elles sont bien sensibilisées par rapport à cette problématique.

mardi 21 janvier 2014

Alioune Ndiaye, un exemple à suivre

Natif de Fatick, Alioune Ndiaye est un fou de culture. Son parcours académique et professionnel plus qu’élogieux fait de ce féru de musique sacrée un citoyen modèle, donc un exemple à suivre pour les plus jeunes. Sa vie sociale n’en est pas moins enviable. Portrait


Derrière son regard calme et  interrogateur qui frise la timidité, se cache un homme cultivé et serein. A seulement 37 ans, ce jeune homme à l’esprit vif et alerte, a déjà une trajectoire académique et professionnelle enviable. Natif du Sine-Saloum, Alioune Ndiaye fait ses humanités entre Gandiaye, Fatick et Sédhiou. Le baccalauréat en poche en 1996, il emprunte le chemin sinueux et chaotique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Optant pour des études de sociologie, il sera orienté tardivement au Département d’Histoire alors même qu’il s’était déjà inscrit à l’ISEG. Formation qu’il ne termina pas à cause des dures réalités de la capitale sénégalaise.

Le contexte aidant, ce citoyen modèle est emporté, en 1997, par la troisième vague de volontaires de l’éducation qui l’amena à Gossas. Il passa ainsi 11 longues années de sa jeune vie au service exclusif de l’éducation nationale. En homme de défi, Alioune Ndiaye, obtient son CAP en 2001. 

Fou de culture, il tente et réussit, en 2008 haut la main le concours d’entrée à l’école nationale des arts d’où il sort avec un diplôme de fin d’études supérieures artistiques. Incollable lui-même, il conçoit et anime « les incollables », une émission éducative, sur les ondes de la Radio Fatick FM de 2007 à 2012. Et depuis 2013 sur Radio Sénégal international. Emission à travers laquelle il façonna de jeunes citoyens modèles.

Bénéficiaire de la bourse du fonds d’aide à la presse, ce féru de la musique sacrée subit en 2013, une formation continue de neuf mois au Cesti. En assoiffé de connaissances et magicien des concours, il est reçu à celui sélectif de la meilleure école de journalisme en Afrique de l’Ouest. A la fin de sa formation au Cesti, l’enfant prodige de Gandiaye compte se spécialiser en journalisme de la culture. Son parcours déjà riche et sans commune mesure avec son jeune âge lui fait nourrir  l’ambition légitime de devenir chercheur à l’UNESCO.


Face à cette vie académique et professionnelle ponctuée de succès, se dresse celle sociale bien remplie. Il a très tôt fait preuve de responsabilité. A 24 ans déjà, il demande la main de celle qui lui avait déjà brisée le cœur depuis le Lycée. De cette union, naîtra trois bouts de bois de Dieu. Les rares fois qu’il lui arrivait de parler de sa famille, l’émotion qui l’étreint laisse transparaître l’affection qu’il a pour ses enfants, mais aussi du fol amour qu’il ressent pour madame Ndiaye. Un amour que 14 longues années n’ont réussi à   entamer l’intensité.

jeudi 9 janvier 2014

Déguerpissement des marchands du couloir de la mort

Les  tabliers et cantiniers qui s’étaient établis sur la route de l’Université, communément appelée « couloir de la mort », ont été surpris, ce Samedi, par les autorités de la ville de Dakar qui ont envoyé leurs équipes pour raser cantines, tables et autres gargotes. Les victimes dénoncent l’absence de sommation et estiment avoir subi beaucoup de pertes matérielles.


Les  tabliers et cantiniers qui s’étaient établis sur la route de l’Université, communément appelée « couloir de la mort », ont été surpris, ce Samedi, par les autorités de la ville de Dakar qui ont envoyé leurs équipes pour raser cantines, tables et autres gargotes. Les victimes dénoncent l’absence de sommation et estiment avoir subi beaucoup de pertes matérielles. Alors que les tracteurs détruisaient tout sur leur passage, les propriétaires de tables, de cantines et autres gargotes, assistaient, impuissants et médusés, à la destruction de leurs biens. Le ronronnement des bulldozers mêlé aux commentaires d’ex pensionnaires du couloir de la mort et autres curieux et passants, donnent une ambiance inhabituelle à ces lieux. Les policiers veillent au grain  en dispersant les petits groupes qui se sont formés spontanément. Chacun y vas de son commentaire. Louise Faye, restauratrice, visiblement affectée, affirme avoir été surprise par ce qui est entrain de se passer. « J’ai subi d’importantes pertes que je ne suis en mesure d’estimer actuellement. J’attends que ma sœur qui se trouve à la maison entrain de préparer la recette du jour, vienne pour qu’on procède à l’évaluation de nos pertes. »


 « La sommation qui a été délivrée ne nous concerne  pas », clame Ismaêl Diallo, tablier. Elle ne visait que les tabliers et cantiniers qui s’étaient établis le long de l’avenue Cheikh Anta Diop. Donc nous ne pouvons pas comprendre pourquoi ils sont venus ce matin raser tout et détruire nos biens alors que le couloir de la mort ne fait pas partie de l’avenue Cheikh Anta Diop, se désole-t-il. De plus, la sommation a été écrite le 04 octobre 2013, alors que nous l’avons reçu qu’il y a quelques jours. Les autorités devraient nous la donner à la date à laquelle elle a été écrite, poursuit Ismaêl Diallo. Nous sommes même pas sûres que la somme provienne des autorités de la ville de Dakar, car elle n’est ni signée, cachetée. C’est des photocopies que nous avons reçues » renchérit-il. Je suis étudiant, soutient-il, je ne comptais que sur les revenus que je tirais de mes activités de photocopie et d’impression pour payer mes frais d’inscription dans un master privé à la faculté des sciences et techniques. Comment est-ce que je dois faire pour trouver de l’argent vu que mon  matériel a été détruit, s’interroge ce tablier. Selon Yoro Touré, étudiant, l’Etat ne devrait pas agir de la sorte car ces gens travaillent pour gagner dignement leur vie. Faute de les laisser continuer leurs activités ici, l’Etat doit leur trouver un site de recasement. Aussi, prévient-il que cette décision ne fera qu’empirer les conditions sociales des étudiants en ce sens que ces marchands nous rendaient des services sociaux immédiats et à moindre coût. Maintenant on sera obligé de se rabattre ailleurs et de payer plus cher, regrette-t-il.


Khalifa Diagne, Responsable des œuvres sociales du COUD quant à lui, lève une équivoque. Selon lui, la route de l’Université, communément appelée couloir de la mort n’est pas sous l’autorité du COUD. Elle relève de celle de la Ville de Dakar. «  Nous sommes ici  présents pour veillez à ce que les bagages ne soient pas introduits à l’intérieur du campus social », justifie-t-il. A cet effet, poursuit-il, j’ai donné des instructions aux éléments de la brigade mobile que vous voyez. Le responsable a aussi répondu à certains marchands qui ont affirmé que c’est le COUD qui leur a autorisé de s’installer dans ces lieux en attendant la finition des cantines en construction au sein du campus. Il précise que le COUD n’a aucune compétence à autoriser ces marchands à s’installer sur cette route qui ne relève pas de son autorité.


Alors que les cantiniers et tabliers du couloir de la mort déguerpis affirment être surpris par cette mesure, ceux  établis le long de l’Avenue Cheikh Anta Diop, en face de l’Université du même nom, ne devraient pas l’être. Ils doivent donc attendre leur tour.

mardi 24 décembre 2013

Qui pourrait arriver à ternir l'image du Professeur Souleymane Bachir Diagne?

 Il est des personnes dont les parcours ne peuvent  jamais être effacés, dont les images ne peuvent jamais être ternies, dont les mérites ne peuvent jamais être remis en cause. Dans ce cercle très restreint, figure Souleymane Bachir Diagne, Professeur émérite des Universités. Le professeur Diagne est une sommité intellectuelle affirmée, confirmée et reconnue par ses pairs du Sénégal, de l’Afrique et du monde. Il est tout simplement l’un des plus brillants esprits des temps modernes. C’est ainsi qu’intellectuel de dimension internationale, il prend place dans le panthéon restreint et très disputé des 25 plus grands penseurs de notre époque (classement du journal français Nouvel observateur). 

Le Professeur Souleymane Bachir Diagne est, en outre, un éternel et infatigable serviteur de notre pays. Enseignant à l’Université Cheikh Anta Diop, il a passé plus 20 ans de sa vie à transmettre ses connaissances à  beaucoup de générations de sénégalais. Hors de nos frontières, il est un digne ambassadeur de notre pays. L’éminent philosophe fait partie de cette « race  d’hommes » qui, même en dormant  continuent de travailler pour leur peuple, qui, même en s’établissant au pays des esquimaux peuvent servir leur pays. Souleymane Bachir Diagne n’appartient plus seulement au Sénégal, mais au monde entier. Il est une fierté sénégalaise et africaine. Ainsi, La mobilité intellectuelle est-elle une donne intrinsèque à la mondialisation. Dés lors, qui pourrait reprocher à un érudit de la trempe du Professeur Diagne d’aller partager ses connaissances ailleurs avec d’autres citoyens du monde. Qui pourrait l’en vouloir du seul fait de servir l’humanité. Même établi aux Etats-Unis, il n’est jamais déconnecté du Sénégal, donc de nos réalités, contrairement à ce que veulent nous faire croire certains de nos camarades. En intellectuel généreux et soucieux du devenir de notre nation, il est très présent au Sénégal pour participer à des activités scientifiques et intellectuelles. C’est dans cette logique qu’il a accepté de présider la commission nationale de réflexion sur l’avenir de l’enseignement supérieur. Réflexion qu’il a conduite de main de maître avec d’autres dignes fils de ce pays.

Donc, Souleymane Bachir Diagne et l’équipe qu’il dirigeait étaient chargés de faire un diagnostic complet de l’enseignement supérieur et de faire des propositions que seul le gouvernement a la prérogative de transformer en décisions exécutoires. Le groupuscule d’étudiants qui l’a déclaré persona non grata se trompe ainsi de cible et de combat.

Aller en guerre contre Souleymane Bachir Diagne, un intellectuel hors pairs, un citoyen modèle, c’est aller en guerre contre toute la communauté scientifique et universitaire, c’est heurter la conscience et l’intelligence de toutes les sommités intellectuelles de notre pays, bref, c’est porter un coup fatal à la production du savoir. Les sénégalais avertis n’accepteront jamais que des scientifiques de la dimension du Professeur Diagne soient déclarés persona non grata dans l’un quelconque des temples du savoir de notre pays. L’accepter, équivaudrait à signer l « ’arrêt de mort » de notre enseignement supérieur, déjà dans un état comateux très profond.

Dans une lettre  que nous avions adressée à nos camarades au début du mois de décembre, nous avions soutenu que certains d’entre nous «  tordaient », de manière récurrente, le « cou » à la loi sur les libertés et franchises universitaires sans en avoir conscience. L’incident malheureux survenu le 18 décembre à la salle de conférence de l’UCAD II en est une preuve patente. Un groupe d’étudiants, trompant la vigilance des forces de l’ordre qui avaient investi les lieux dés les premières heures de la matinée, s’est introduit dans l’amphi et a interrompu la conférence inaugurale annuelle de la fondation Léopold Sédar Senghor, faisant ainsi entorse à l’animation et à la production scientifiques et intellectuelles au sein de l’Université.

Nous restons convaincus que ceux qui tentent de ternir l’image de ce logicien éclairé, méconnaissent l’homme, son parcours et ce qu’il a fait pour le Sénégal. Ceux qui mènent ce combat perdu d’avance, doivent se raviser avant de tomber sous le coup d’une sentence du jury populaire.

Chers camarades, Souleymane Bachir Diagne est une source intarissable de connaissances à laquelle nous devons allons nous« abreuver » au lieu de tenter de l’infecter. Il est un exemple à suivre pour tous les jeunes sénégalais et africains et non un homme à diaboliser. Car son génie réflexif, ses prouesses analytiques, sa sincérité dans la réflexion et la pensée, lui valent sa place dans la cour très fermée des immortels. Souleymane Bachir Diagne est entré dans l’histoire de ce monde et il y restera à jamais.

lundi 23 décembre 2013

UCAD: Souleymane Bachir Diagne délaré persona non à grata

 Les étudiants dans la salle de l'UCAD II
La conférence inaugurale annuelle de la fondation Léopold Sédar Senghor qui s’est tenue à l’UCAD II, jeudi dernier, a été interrompue par les membres du collectif pour la défense des intérêts des étudiants, après leur assemblée général tenue devant la Direction du COUD. Ils ont dénoncé la présence dans « leur espace », du Professeur  Souleymane Bachir Diagne qui présidait la commission nationale de réflexion sur l’avenir de l’enseignent supérieur. Selon eux, il est à l’origine de la crise qui secoue l’université. C’est pourquoi, soutiennent-ils, ils l’ont déclaré persona non grata. Certaines personnalités que nous avons interrogées disent regretter cet incident survenu dans ce «  haut lieu du savoir ».

Voici le film de l’évènement :

Extrait du discours d’Alpha Sow, membre du collectif, devant la Direction du COUD :

« Lors de notre dernière assemblée générale, nous avions convenu d’empêcher Souleymane Bachir Diagne d’accéder à l’Université parce que nous l’avons déclaré persona non grata. Nous reprochons à Souleymane Bachir Diagne de ne pas être un sénégalais. Il ne connait pas les réalités du Sénégal en ce sens qu’il veut transférer ici ce qui se fait aux Etats-Unis où une femme de ménage est mieux payée qu’un professeur titulaire à l’université Cheikh Anta Diop. Les situations ne sont pas les mêmes. Donc, ce n’est pas à lui de réfléchir pour nous.
Les autorités veulent harmoniser les inscriptions, alors qu’elles n’harmonisent pas le coût de la nourriture, elles n’harmonisent pas les salaires des ministres qui sont mieux payés que leurs homologues africains. Qu’elles prennent leur responsabilité, car nous avons nos propres réalités.
 Nous ne refusons pas de payer les montants retenus, mais le problème est que nous ne le pouvons pas. Nous sommes tous des fils de paysans et d’éleveurs. Nos bourses sont une question de vie ou de mort, nous en privés serait équivalent de nous exclure des facultés ; chose que nous ne pouvons admettre. Nous avons droit à l’éducation et l’Etat a la prérogative et le devoir de prendre en charge les frais y afférents. Si l’Etat l’oublie ; nous allons le lui rappeler
Maintenant, je propose que les gens marchent dans la discipline, dans le respect, dans la cohésion et que nous revenions ici pour faire le bilan».

Les policiers pris au dépourvu
                                                                                            
Arrivés aux abords de l’UCAD II, les étudiants grévistes se sont scindés en petits groupes pour tromper la vigilance des forces de l’ordre qui ont investi les lieux dés les premières heures de la matinée. Ils sont ainsi parvenus à s’introduire dans la salle de conférence et ont pris d’assaut le présidium, obligeant Saliou Ndiaye, Recteur de l’UCAD, à interrompre son discours de bienvenue. Alors que Souleymane Bachir Diagne avait quitté les lieux, les déclarations d’étudiants fusèrent de partout dans un désordre indescriptible. Après avoir «  intimé l’ordre » au public d’évacuer la salle, ils entonnent leur « hymne » favori.

 Réactions de certaines personnalités

Madieyna Diouf :
«  C’est un incident malheureux, il ne faut surtout pas mettre de l’huile sur le feu ».

Cheikh Hamidou Kane :
« C’est regrettable que dans ce haut lieu du savoir qu’est l’Université Cheikh Anta Diop, que des soi-disant étudiants empêchent la tenue d’une conférence animée par les meilleurs esprits du continent sans donner des arguments compréhensibles pour justifier ce comportement. C’est des choses décourageant et qui m’attristent pour l’avenir de notre pays ».

Djibo Ka :

«  Il faut impérativement que l’Etat, les autorités universitaires et les étudiants se parlent, sinon c’est l’impasse. C’est déplorable. Je connais les étudiants, ils sont gentils, mais ils ne tolèrent pas l’injustice et l’inéquité. Il faut qu’on les écoute comme parents d’élèves, comme pères et comme alliés, bref comme partenaires parce qu’ils sont tous des adultes. Il faut leur faire confiance. Ils sont conscients de ce que leur pays a fait pour eux, ils ne vont pas tout détruire quand même. Ils ont raison de protester de façon calme. On ne se bat pas en criant, en cassant tout. Mais on se bat avec un argumentaire convaincant, avec un document de fond convaincant. L a violence n’a pas de place dans une enceinte comme l’université. Cet espace doit être un lieu de paix, de recherche et d’excellence ».

vendredi 20 décembre 2013

AUDIO: interview avec Aissatou Gaye, élève.

En prélude à la conférence inaugurale annuelle de la Fondation Léopold Sédar Senghor qui devait se tenir Jeudi 19 Décembre 2013 à l'UCAD II, Aissatou Gaye, élève en classe de terminale L au collège des Maristes livre, ici, ses attentes de cette rencontre . Elle porte un regard critique sur les programmes scolaires et appelle les autorités en charge de l'éducation à les rénover.


jeudi 19 décembre 2013

Développement des ressources naturelles, une réponse au chômage des jeunes



« L’Afrique est riche de sa jeunesse et de ses ressources naturelles, mais est paradoxalement, le continent le plus pauvre de par sa contribution dans l’économie mondiale ». Ces propos ont été tenus par Abdoulaye Dia, Directeur de la formation doctorale Géo-ressources, imagerie et Environnement de l’Université Cheikh Anta Diop, lors de la journée de réflexion organisée par le groupe des amis de la francophonie, Mercredi dernier, dans la salle de conférence de l’UCAD II. II a prononcé la communication introductive sur le thème général « Quelle Afrique pour ses jeunes ? Comment développer les ressources naturelles du continent ? Partage d’expériences francophones.

Face à un auditoire composé essentiellement d’élèves et d’étudiants, le Professeur Abdoulaye Dia, a déclaré que l’Afrique est riche de sa jeunesse et de ses ressources naturelles, mais est paradoxalement le continent le plus pauvre de par sa contribution dans l’économie mondiale. Il ajoute que si la tendance du chômage des jeunes n’est pas inversée, elle pourrait aboutir à une destruction du tissu économique et de la cohésion sociale des pays africains en voie de transition démocratique. C’est pourquoi, il a appelé à la correction de ce paradoxe en développant des partenariats gagnant-gagnant dans l’exploitation de nos ressources pour la création d’avoirs durables et la réduction considérable du chômage des jeunes. Pour y parvenir, selon toujours le professeur Dia, la première logique, c’est de mettre en cohérence les politiques de développement économique, social et de gestion des ressources naturelles. Ainsi, il s’interroge sur les capacités économiques et la volonté politique de notre continent à relever les défis en 2025. Pour le Directeur de l’Agence de la Grande Muraille verte, le renforcement de la formation professionnelle et technique des jeunes et des capacités de recherche-développement des chercheurs ainsi que l’investissement dans les sciences et technologies sont plus qu’une nécessité. La gestion et l’exploitation efficientes des ressources naturelles pourraient constituer une activité à forte intensité de mains d’œuvre et d’emplois spécialisés, a-t-il rassuré. Ce qui, selon lui, permettra l’émergence et l’autonomisation d’une jeunesse citoyenne et responsable, capable de prendre en charge le destin de notre continent.

 Il a évoqué, outre les besoins en investissements dans le secteur des ressources naturelles, que l’Afrique reste confrontée au défi de la sécurité alimentaire. Ainsi, malgré le fait que l’Afrique soit la première pourvoyeuse de matières premières stratégiques, 250 millions d’africains ont faim chaque nuit. Notre continent dépense 22 milliards de Dollars américains pour importer de la nourriture, précise Abdoulaye Dia. Dans la même veine, il a souligne qu’une étude menée en 2010 montre que les revenus des entreprises d’exploitation minière ont augmenté de 32% et leurs résultats nets de 156%, alors que les taxes versées aux Etats africains concernés ne se sont accrues que de 6%. D’où, selon lui, la nécessité de réviser les conventions minières. Car, déclare-t-il, cette révision permettra de revoir la stabilisation des acquis de manière à faire bénéficier à l’Afrique des super profits générer par l’augmentation des coûts des matières premières.

Il a, en outre, défendu que la transparence doit certes être appliquée par les Etats dans la gestion et l’exploitation des ressources naturelles, mais on doit aussi s’interroger sur celle des finances des entreprises exploitantes. Ce qui permettra, selon lui, de transformer les ressources en richesses et assurer un partage équitable des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles entre partenaires (Etats, populations et entreprises exploitantes) dans la transparence. C’est une voie que l’Afrique doit explorer pour assurer l’équilibre des intérêts des différents partenaires.

L’Afrique reste confrontée à d’autres défis tels que le changement climatique, la sécheresse, la désertification, entres autres, poursuit Abdoulaye Dia. Ces fléaux, estime-t-il, nous font perdre notre couvert végétal mais aussi 12 millions d’hectares de terres arables par an. Il précise que notre continent compte 60% de terres semi-arides à arides.

Par ailleurs, il estime que la part annuelle de l’Afrique dans la production mondiale de pétrole est en moyenne de 11%, alors que sa part de consommation ne représente que 3,86%. Ce qui selon lui est sans commune mesure avec les besoins énergétiques du continent africain. En outre, selon le Professeur Dia, la lancinante question de mise à la disposition des entreprises d’agro-industrie de terres cultivables, mérite d’être posée. Nous devons promouvoir les exploitations familiales, mais aussi initier des politiques pour capter des investissements étrangers dans le strict respect des intérêts des populations.

Faire de l’Afrique un continent stable et économiquement viable doit être notre seule préoccupation, déclare-il. Pour y arriver, il estime que la jeunesse  constitue un atout puissant de développement en Afrique où d’après les dernières statistiques, 60% des jeunes ont moins de 25ans. « Nous devons quitter l’arbre à palabre pour nous atteler à l’opérationnalisation de nos initiatives et générer ainsi des niches d’emplois et de faire de la jeunesse africaine une jeunesse citoyenne et responsable », conclut-il. 
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